Comment réduire les injustices et inégalités sociales?

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Comment réduire les injustices et inégalités sociales ?

« Considérant que, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,  Reconnaissant que ces droits découlent de la dignité inhérente à la personne humaine, Reconnaissant que, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’idéal de l’être humain libre, libéré de la crainte et de la misère, ne peut être réalisé que si des conditions permettant à chacun de jouir de ses droits économiques, sociaux et culturels, aussi bien que de ses droits civils et politiques, sont créées… » Cet extrait du préambule du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et cultuels décrit l’ambition de la communauté internationale de tout mettre en œuvre pour assurer la justice sociale dans le monde.  

Le terme « injustice sociale », pour mieux le comprendre, nécessite qu’on se réfère préalablement à la notion de justice sociale. Ainsi, la justice sociale est une construction morale qui vise l’égalité des droits et conçoit la nécessité d’une solidarité collective entre les personnes d’une société donnée. Autrement dit, la justice sociale considère que tout être humain

doit être traité de la même façon par la loi. A contrario, l’injustice sociale renvoie donc à la situation dans laquelle les personnes qui vivent sur un même territoire national, ne sont pas traitées de la même façon devant la loi. Par conséquent, une catégorie de personnes se trouve favorisée au dépend d’une autre très souvent vulnérable. 

En effet, un premier principe important pour cette société est l’équité qui ne doit pas se confondre avec celui de justice. Le principe d’équité signifie simplement « à chacun son dû ». Ainsi, la part individuelle revenant à celui qui bénéficie du traitement équitable doit être une réponse proportionnelle au besoin. La morale est également un principe non négligeable.

La notion de justice sociale est essentiellement une projection vers une société plus juste, en admettant qu’il y ait toujours des injustices. On peut le voir soit comme une utopie, soit comme une démarche allant vers plus de progressisme.

Ce premier partage définitoire permet de tracer plusieurs règles générales d’application de la justice sociale. La justice sociale est dite commutative1 quand elle est fondée sur l’idée qu’une pure réciprocité doit exister entre les membres et la société (chacun reçoit en contrepartie mesurée d’un effort fourni). Elle sera, en revanche, qualifiée de distributive, si elle vise à donner à chacun la part qui lui revient pour vivre décemment, en se réservant de préciser quels critères ou catégories seront utilisés pour élaborer cette distribution (économique, sociale, culturelle). Les actions ayant pour objectif de rétablir une justice sociale visent à élaborer un meilleur système de répartition de richesse, où chaque individu a et conserve les mêmes chances de réussite tout au long des situations de sa vie d’individu. Ainsi, on parle parfois d’« égalité des chances ». Les corrections nécessaires peuvent être sociales, financières ou culturelles.

La justice sociale peut aussi se définir de manière négative : est injuste ce qui n’est pas acceptable socialement. Par exemple, les inégalités de salaires entre métiers de qualifications différentes sont le plus souvent considérées comme justes, parce qu’elles sont socialement acceptées par la majorité. La justice sociale est aussi une notion qui évolue dans le temps, ce qui est juste socialement peut devenir injuste si le contexte change.

Par Me Zeus AJAVON, Avocat au barreau du Togo

 

 

La Vulnérabilité est source de conflits sociaux et de radicalisation naissent souvent des injustices. Les conflits sociaux, la radicalisation des groupes sociaux et même l’extrémisme prospèrent dans des conditions favorables, comme celles que créent la pauvreté, les injustices sociales, le manque de transparence dans la communication avec les parties prenantes, le non-respect des droits surtout les droits socioéconomiques de base et l’exclusion sociale. Une situation souvent pourrit par les fragilités politique.

C’est pourquoi au Togo, depuis 2006, l’une des priorités du gouvernement reste l’amélioration des conditions de vie des populations fortement détériorées par la pauvreté généralisée suite aux crises économique et sociopolitique qu’a connu le pays dans les années 90. Après les années de crise sociopolitique, le Togo a mis en œuvre des réformes de grande envergure à travers la formulation des documents stratégiques d’élimination de la pauvreté successifs (DSRP-I, DSRP-C, SCAPE et le PND) pour servir de cadre d’orientations des actions visant à inverser la tendance à la détérioration des indicateurs macroéconomiques et sociaux et retrouver le chemin d’une croissance positive. Ainsi, entre 2006-2015, le taux moyen de croissance du PIB réel dépasse 5%, l’incidence de la pauvreté a diminué de 6,6 points de pourcentage, l’emploi a connu des progrès notables et l’indice de développement humain s’est amélioré. Aussi plusieurs outils y compris le développement à la base pour travailler à la réduction des inégalités sociales et des vulnérabilités ont-ils vu le jour.

La présente intervention met en exergue un bref état des lieux des inégalités et les efforts en cours avec plus de focus sur ceux liés au concept « développement à la base », les objectifs, la stratégie, quelques initiatives et quelques résultats phares regardant la réduction des inégalités sociales.

Par M. Hyacinthe Brandao ALAO, Dr en sociologie

 

Pour parler de l’injustice sociale j’ai choisi  une méthodologie herméneutique en cherchant d’abord à faire le contour de ce que l’Eglise considère comme justice sociale. Cette méthodologie m’a conduit à faire de la catéchèse avec vous.  Je pense qu’on n’a pas besoin d’être catholique pour comprendre et aimer les doctrines et principes qui fondent la catéchèse. L’origine de la doctrine sociale de l’Eglise qui remonte à l’Encyclique Rerum novarum en 1891, montre bien que la préoccupation de l’Eglise n’était pas exclusivement religieuse mais humaine. C’est face à la misère de la société humaine en Europe à un tournant où le mode de production capitaliste s’est définitivement imposé à l’humanité avec ces avatars que l’Eglise se sentit interpellée et que le corps de la doctrine sociale se forgea progressivement afin de cerner et  montrer la voix et les principes pour un mieux vivre de l’homme et de la société.

En effet la question qui nous est posée est bien comment réduire les injustices sociales mes prédécesseurs ont montrés comment le droit se prend pour  les réduire ainsi que les efforts d’aménagement en cours à travers le PND.  Néanmoins on est en droit de se demander si tous ces différents efforts ont effectivement contribué à améliorer le mieux-être des citoyens, le vivre ensemble et la quiétude d’esprit des uns et des autres garantissant à tous dignité et droits humains ? La réponse à cette question, nous la laissons à l’appréciation de chacun. L’objectif de cette communication est d’apporter quelques éléments de réponses que préconise l’Eglise. Celles-ci sont rassemblées dans la doctrine sociale tout au long des siècles et tirent leurs fondements de l’essence même de l’Homme telle que l’enseigne l’Eglise.

Par N’buéké Adovi GOEH-AKUE, Professeur titulaire d’histoire contemporaine

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