La réduction de la pauvreté: mythe ou réalité ?

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isp lome 5

La réduction de la pauvreté: mythe ou réalité ?

Depuis 1990, le PNUD fonde ses analyses sur les notions de capacité, d’opportunités et de potentialités. C’est ainsi qu’on lit dans le Rapport mondial sur le développement humain (1997) : Selon le concept de capacité, la pauvreté d’une existence ne tient pas uniquement à l’état d’indigence dans lequel une personne se trouve effectivement, mais également au manque d’opportunités réelles – pour des raisons sociales ou des circonstances individuelles – de bénéficier d’une existence qui vaille la peine d’être vécue et qui soit considérée à sa juste mesure.

Dans la notion de capacité, l’accent est mis sur les potentialités qu’un individu est en mesure ou non de réaliser, en fonction des opportunités dont il dispose. Ces potentialités désignent tout ce qu’un individu peut souhaiter faire ou être, par exemple, vivre longtemps, être en bonne santé. L’approche de la pauvreté en termes de capacités se concentre sur des états possibles (potentialités), tout en distinguant lorsque c’est possible, le choix qu’un individu possède mais néglige délibérément.

 La Banque mondiale ne fait quasiment jamais référence aux potentialités ou aux capacités. En revanche, elle utilise largement la notion d’«opportunité ». Dans le Rapport sur le développement dans le monde (2000), elle évoque trois domaines à analyser pour saisir les causes de la pauvreté :

  • le manque de revenus et d’actifs pour réaliser des besoins de base – l’alimentation, le logement, l’habillement, et des niveaux acceptables de santé et d’éducation;
  • la sensation d’être sans parole et sans pouvoir dans les institutions de l’État et de la société ;
  • la vulnérabilité aux chocs défavorables, liée à l’inaptitude de pouvoir les gérer ou d’y faire face » [BM 2000 : 34].

Comme pour le PNUD, la première « cause » invoquée par la Banque mondiale a trait au manque d’actifs (assets). Ces actifs sont de plusieurs types : les ressources humaines, les ressources naturelles (terre), les ressources physiques (infrastructures), les ressources financières (épargne et accès au crédit), et les ressources sociales (réseaux de contacts et d’obligations réciproques).

       Par M. Etsri HOMEVOR, Secrétaire général du Ministère de la planification du développement et de la coopération

La pauvreté dans l’enseignement de Jésus, loin d’être une tare, une calamité ou un signe de  négligence de Dieu pour le pauvre, est considérée, au contraire, comme la condition préalable pour entrer dans le Royaume des cieux (Cf. Mt 5,3). Cependant, de toute évidence, ce n’est pas le fait d’être un nécessiteux ou un miséreux que le Christ enseigne. D’ailleurs, celui qui l’est mais envie par exemple la richesse de l’autre et la désire avec ardeur n’ai plus dans la logique des béatitudes.

En effet, les béatitudes constitue la charte de vie du chrétien: « Heureux les pauvres » déclare Jésus qui s’identifier à eux: « Tout ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, c’est-à-dire à l’un de ces pauvres, c’est à moi que vous l’aurez fait » (Mt 24, 40).

Comment peut-on dire honnêtement « heureux les pauvres » alors qu’intérieurement on pense « heureux les riches » ? Si les portes du Royaume ne s’ouvrent qu’aux pauvres, alors la pauvreté n’en devient-elle pas une condition d’accès. De quelle pauvreté parle Jésus et le magistère, à l’heure de la « la théologie de la prospérité » qui est une fausse interprétation de la bénédiction divine ?  

C’est encore au Pape François que je voudrais laisser la parole pour conclure ce partage :  au numéro 68 de Gaudete et  Exsultate : « Quand le cœur se sent riche, il est tellement satisfait de lui-même qu’il n’y a plus de place pour la Parole de Dieu, pour aimer les frères ni pour jouir des choses les plus importantes de la vie. » Il apparaît ici que la pauvreté concerne tout autant la relation avec Dieu et aux autres et il est particulièrement souligné l’aspect d’accueil et d’écoute, la place que l’on est capable de faire en soi pour recevoir l’autre et de l’autre. Daigne le Seigneur nous renouveler la grâce d’une pauvreté évangélique vécue au quotidien.

Par Sr ASSIVON

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